Le surnom de requin d'eau douce dont on l'affuble parfois témoigne avec évidence de sa réputation de redoutable carnassier.
Il est vrai que le brochet compte parmi les plus grands prédateurs de nos lacs, étangs, et rivières (atteignant près d'un 1,5 m de long pour plus de 30 kilos), et que sa large gueule est effectivement armée d'impressionnantes enfilades de dents acérées, promptes à saisir poissons, écrevisses, grenouilles, voire même canetons ou campagnols aquatiques, mais il n'est cependant pas l'insatiable glouton qu'on pourrait imaginer : il consomme seulement entre 4 et 8 fois son propre poids par an et, après un bon repas, il se met généralement à la diète pendant une semaine.
Le frai du brochet se déroule en fin d'hiver ou au début du printemps dans l'herbe des prairies temporairement inondées, chaque année au même endroit. Malheureusement, en raison de la fréquence accrue des sécheresses et de l'artificialisation généralisée des zones humides, la reproduction naturelle ne peut désormais intervenir que dans de très rares secteurs. Sans repeuplements à partir d'individus issus de pisciculture, l'espèce aurait probablement disparu de la plupart de nos eaux.