Le saviez-vous ? Nous, êtres humains, disposons non pas simplement du goût, de l'odorat, de l'ouïe, du toucher, de la vue, mais d'au moins quatre autres sens (la thermoception, la nociception, la proprioception et l’équilibrioception !). Il en est encore un, cependant, que nous aurions perdu en cours de route évolutive : l'électro-perception, ou électro-réception, c'est-à-dire la capacité de percevoir les champs électriques.
Cette faculté primitive serait apparue chez notre très lointain aïeul, l’ancêtre de tous les vertébrés, dans les eaux de l'époque cambrienne il y a 500 millions d'années. Privilège du mode de vie aquatique, elle s'est perpétuée jusqu'à nos jours chez les poissons cartilagineux (requins, raies, chimères) et s'est également développée chez une partie des poissons osseux et des batraciens. Elle a par contre disparu chez les reptiles, oiseaux et mammifères actuels, à l'exception, semble-t-il, de l'ornithorynque et d'une espèce de dauphin, le tucuxi (Sotalia fluviatilis). Pour ceux qui la possèdent encore, l'électro-perception permet, par exemple, de repérer les infimes signaux électriques générés par l'activité nerveuse et musculaire d'une proie, quand bien même celle-ci serait cachée sous les sédiments.
Certains poissons ne sont pas seulement électro-réceptifs, mais sont en outre émetteurs actifs, par l'intermédiaire d'organes spécialisés, d'impulsions électriques faibles qu'ils utilisent pour s'orienter ou pour communiquer entre eux. Quelques-unes parmi ces espèces véritablement électriques s'avèrent même capables, pour la défense ou l'attaque, de produire des décharges très puissantes, jusqu'à 2 ampères et plus de 600 volts chez l'anguille électrique (Electrophorus electricus).