Un paon mâle qui fait la roue offre à nos yeux (comme aux yeux de sa belle sans doute) un spectacle haut en couleur. Pourtant, ce plumage chatoyant ne contient que peu de pigments colorés.
Ce miracle — ce mirage — trouve son origine dans l'architecture intime des barbules de la plume du paon qui met en action toute une série de propriétés physiques liées à la nature ondulatoire de la lumière. Les nanostructures en question agissent donc comme un réseau de miroirs filtrants : les ondes diffractées interfèrent les unes avec les autres, et des changements de nuances se produisent en fonction de l'intensité de l’éclairage ou de l'angle sous lequel nous regardons l'oiseau.
Loin d'être rares, ces couleurs dites structurelles et les phénomènes d'irisation qui vont souvent de pair sont au contraire très couramment visibles dans la nature. On les retrouve en effet non seulement chez les animaux, les oiseaux et les insectes en particulier, mais également sur certains minéraux ou encore les bulles de savon.